Robert Turner/George Hay – Le Necronomicon
(Source : Le Necronomicon, « le livre de l’Arabe dément Abdul Al-Hazred », ed. Belfond, p.98-100, trad. fr. 1979, version originale 1978 - introduction de Colin Wilson et ci-dessous un extrait de Robert Turner – voir une version en anglais du Necronomicon)
« Historiquement parlant, le Dr John Dee (1527-1608) fut le premier à laisser un compte rendu détaillé du commerce des humains avec ceux qui peuplent les gouffres insondables qui séparent les univers ». Kenneth Grant
Pendant les quelques mois durant lesquels les pages du mystérieux manuscrit de John Dee — le Liber Logaeth — furent soumises à un examen méthodique et délicat, David Langford et moi échangeâmes une volumineuse correspondance, analysant chaque nouvelle information alors qu’apparaissait un indéniable et incroyable schéma. Le manuscrit comportait effectivement un code, d’une grande complexité. Celui qui, à l’origine, avait chiffré ce manuscrit, avait pris d’infinies précautions pour préserver le secret de son contenu. On comprenait aisément la cause de ce mystère. Le texte dans son entier, encore que non titré et quelque peu démantelé, n’était peut-être rien de moins qu’une contraction du Necronomicon. Le nom des entités, les lieux et les concepts mythologiques s’avéraient pratiquement identiques à ceux offerts par Lovecraft.
Comment la description du Necronomicon donnée par cet écrivain pouvait-elle être aussi proche du texte que nous venions de découvrir ? Un déchiffrage antérieur du cryptogramme de Dee sans l’assistance de la cybernétique moderne était inconcevable. A moins que, par une chance pratiquement incroyable, quelqu’un ait découvert les clés permettant son interprétation. Le texte codé de Dee pourrait être tiré d’un manuscrit antérieur, dont une copie serait tombée aux mains de Lovecraft d’une façon ou d’une autre. De nombreux problèmes restent à résoudre. Si nous avions réellement découvert certains fragments du Necronomicon, des traductions arabe, grecque, latine et espagnole du texte mentionné par Lovecraft pouvaient bien avoir également existé. Qu’était-il advenu d’elles ? Peut-être ne connaîtrons-nous jamais la réponse ; et, dans l’immédiat, nous ne pouvons rien faire d’autre que de soumettre au monde entier le fruit de nos recherches, dans l’espoir qu’un jour d’autres trouveront les pièces manquant à ce puzzle métaphysique et achèveront l’histoire du Necronomicon cryptique.
Quels que soient la race et le climat, on retrouve dans les différents mythes l’empreinte de ces extra-terrestres qui peuplent les pages du Necronomicon. Dans l’Himalaya, la légende de l’Abominable Homme des Neiges est tenace et continue d’être perpétuée par les membres les plus « terre à terre » des expéditions en montagne. Des monstres préhistoriques continuent-ils à errer au milieu des pics silencieux, à se cacher au fond des océans et à hanter la nuit les régions désolées ?
Dans l’ancien traité hindou connu sous le nom de Rigveda on nous parle de Dasyu et Dasa, ennemis surhumains de l’humanité et vivant sous terre, et de ces étranges résidus de la préhistoire, géants « grands comme des montagnes » démons » comme des arbres en marche » ; de Rakshasas à la tête de tigre et de l’horrible Vaitikas qui n’a qu’un oeil et qu’une aile. Les mythes péruviens parlent des « Guachines » (les Obscurs) : ce sont les habitants de la terre primitive. La légende des Indiens d’Amérique consacre Camazotz — dieu des Chauves-souris — horrible créature hybride aux ailes comme du cuir sur la figure de qui poussent des serpents.
En 1686, Robert Plott raconte l’apparition de lumières sphériques dans le ciel, de pluies de pierres présentant des rayures, d’étranges sons protés par le vent défiant toute tentative d’explication rationnelle et la naissance d’un enfant « à plusieurs têtes » n’appartenant à aucun des deux sexes. Et plus récemment les oeuvres du spécialiste des phénomènes inexpliqués du XXe siècle, Charles Fort, nous informent que « des démons ont visité la Terre » et continuent à la visiter. Pendant toute sa vie, Fort a rassemblé plus de 40 000 notes : relation d’une pluie de galets noirs non météoriques sur Wolverhampton, en Angleterre en 1858 ; récits sur d’étranges villes ; descriptions de créatures ayant des ailes de dix pieds de long, « se dandinant sur leurs pieds palmés ».
L’homme est-il « le premier ou le dernier des maîtres de la Terre » ? Peut-être le saurons-nous bientôt, car, depuis quelques dizaines d’années, la planète semble avoir été à plusieurs reprises, et de plus en plus souvent, envahie par de mystérieux intrus. On continue d’annoncer la présence d’un humanoïde en Virginiee de l’Ouest humanoïde brun muni d’ailes ; les océans et les lacs regorgent de serpents et de monstres et l’on voit tous les jours des OVNI. Que veut dire tout cela ? L’humanité est-elle devenue tout à coup victime d’une illusion, d’une hystérie, est-elle déçue d’elle-même, ou assistons-nous au retour progressif des forces qui ont poussé un Arabe dément à chanter sous une lune gibbeuse un couplet étrange et rare ?







